« Trouvez le mot qui complète cette suite. Gardez en tête le premier qui vous vient à l'esprit. Ne le dites pas à haute voix et attendez la fin du timer pour que l'on mette en commun. »
Une IA ne "comprend" pas le sens de vos mots. Elle se contente de prédire statistiquement le mot suivant après une suite de mots.
Le plus probable : L'IA choisit le mot qui revient le plus souvent dans ses données (ex: "Orage" ou "Soleil").
L'imprévisible : L'IA s'autorise un mot un peu moins probable.
C’est cette capacité à s'éloigner du choix évident que l’on appelle la Température de l’IA.
« Trouvez le nombre qui complète cette suite. Gardez en tête le premier qui vous vient à l'esprit. Ne le dites pas à haute voix et attendez la fin du timer pour que l'on mette en commun. »
Contrairement à nous, l'IA n'a pas de bouton "Je ne sais pas". Elle est programmée pour toujours fournir la suite statistique la plus cohérente selon sa base de données.
Face à vos nombres (12, 85, 4, 102), elle ne cherche pas de règle mathématique. Elle projette ces chiffres et se demande :
"Dans mes milliards de textes, quel nombre apparaît le plus souvent après cette combinaison ?"
Si c'est "42", elle vous répondra "42" avec une assurance totale.
Le côté rassurant : L'hallucination n'est pas un mensonge (il n'y a pas d'intention de tromper). C'est simplement une prédiction statistique dans un vide de sens. L'IA n'a aucune conscience de ce qu'elle raconte.
« Trouvez le mot qui complète cette suite. Gardez en tête le premier qui vous vient à l'esprit. Ne le dites pas à haute voix et attendez la fin du timer pour que l'on mette en commun. »
Vous avez tous reçu exactement la même suite de mots. Et pourtant, regardez la répartition : elle se sépare en deux familles, selon la discipline que vous enseignez.
Le regard scientifique : racine carrée, terme d'une suite, expression algébrique. La suite appelle « Équation », « Facteur », « Inconnue ».
Le regard littéraire : racine étymologique, terme = mot, expression = locution. La même suite appelle « Sens », « Synonyme », « Champ lexical ».
Aucune des deux familles n'a tort. Chacune a répondu depuis ce sur quoi elle a été entraînée : des années passées à manipuler les mêmes mots dans un contexte particulier.
Une IA fait exactement la même chose — à une différence près : vous ne savez pas qui compose la salle. Son corpus penche vers une langue, une culture, un milieu, une époque, et ce penchant ne s'affiche nulle part. C'est ce que l'on appelle le Biais de l'IA.
« Lire la question. Gardez en tête votre réponse. Ne la dites pas à haute voix et attendez la fin du timer pour que l'on mette en commun. »
Qui est le ministre de l'Éducation nationale ?
Une IA générative n'apprend pas en continu. Ses connaissances sont figées au jour où son entraînement s'est arrêté — sa date de clôture, ou knowledge cutoff.
Vous, dans cette salle : vos réponses divergent selon que vous suivez l'actualité de près ou non. Certains citent l'actuel, d'autres le précédent.
L'IA : elle citera le ministre en poste à sa date de clôture. Un seul nom, toujours le même — et avec une certitude totale.
C'est la combinaison qui pose problème : une information périmée, délivrée sans le moindre signe d'hésitation. Ce n'est pas un mensonge, c'est une photographie ancienne présentée comme le direct.
Le réflexe à prendre : pour tout ce qui bouge — un programme, une circulaire, un nom, un prix, une version de logiciel — vérifiez à la source, ou exigez que l'IA cherche sur le web plutôt que dans sa mémoire.